J'aurais du mal à présent à raconter en détail chaque jour car ils m'aparaissent un peu comme une bouillie indéfinie pendant laquelle j'ai découvert que la prof était jeune et sympatique, et que l'art Islandais dans les galeries, contrairement aux musées, ne casse pas des briques. Que les jumelles et la danoise étaient à l'auberge de jeunesse, et qu'on a bossé un peu ensemble, que l'italien allemand n'était en fait pas prétencieux pour deux sous, que l'espagnol était marrant, maladroit et très ouvert et surtout que la jeune fille blonde était suédoise, passionée d'équitation et finalement tout à fait abordable et même adorable,
qu'on avait, dans la classe, une princesse, style la plus populaire du lycée, qui connait tous les livres et qui est sublime comme une version Islandaise de Marguerite.Blnche neige avec un nez en trompette.Elle m'invitat même à sa fête le samedi soir.
C'était sur, j'étais dans un mauvais teen moovie, l'influence américaine avait atteint l'école, si je voulais m'intégrer, j'allais devoir briller en société et c'était pas mal parti.
Je découvre au passage sur moi même que je suis un être profondément sociable et que la solitude que j'aimais tellement en France n'est appréciable que si elle est choisie.
Tout commencait à aller bien quand Lisa, notre petite maman administrative de l'école, m'amène et me CONFIE, parcequ'elle est Francaise,
une jeune fille toute défaite.
J'ai d'abord cru à une blague. Elle portait ses lunettes de travers et sa tête aussi, mais dans l'autre sens, le sens de ses couettes violettes.Le teen moovie tourne au cauchemar, elle parle anglais avec le pire accent que j'ai jamais entendu, je vais devoir faire des merveilles.
Je me fais rire toute seule en pensant à sex académie ou le principe de la fausse moche qui est un canon quand on lui enlève ses lunettes et ses couettes.
Encore quelques jours m'ont suffit pour me rassurer et voir que Anne,cette francaise, sous ses airs de défaites, a un caractère très appréciable qui est celui de la flexibilité, ou des plumes de canard.
Jusqu'à ce jour elle s'est fait voler son sac, avec ses premiers travaux sur un cd, elle a fait tomber son appareil photo dans une cascade et s'est appercue qu'elle payait preque 500 euros de loyer par mois car elle n'avait pas fait la convertion des couronnes, mais jamais je ne l'ai vue perdre son sang froid.
Ses cheveux lachés font une boule autour de sa tête et tombent joliment, je crois que c'est une vraie fausse-moche.
Elle vit dans sa tête son délire d'Islande qu'elle a su préserver mieux que moi parcequ'il est imperméable et qu'elle ne laisse pas la réalité l'intégrer. Elle est ici pour trouver le centre de la terre.
Et moi le bout du monde.
15 septembre 2004
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