... ou un après-midi de merde.
Je ne sais pas si c'est la fatigue ou le choque culturel mais cet après-midi particulièrement j'ai l'impression que la ville s'est déployée en toile d'araignée spécialement pour rendre dingue.
En guise de préface, il faut que je vous raconte mes aventures avec le Provincial centrum of chépaquoi, ce bâtiment labyrinthe de Murphy où je dois aller prendre mes cours de néerlandais.
Je n'ai réussi à arriver à la salle de cours sans me perdre que le 4ème soir, à ne pas confondre avec la 4ème fois, vu que je me perdais aussi pendant les pauses, ce qui multiplie d'autant. Bref pour aller à cet endroit il faut longer le Bijloke - le centre universitaire - côté quai, puis s'enfoncer dans les confins de la ville, toujours côté quai, repérer un renfoncement entre les immeubles et les haies d'arbustes (ça fait pas mal penser au campus de strasbourg du côté du gymnase étudiant) et là, on arrive au n°81.
Jusqu'à présent, les lettres écrites devant le numéro des salles sur mes papiers de l'université - ou plutôt devrait dire, de l'Académie, Royale ! - indiquaient le nom de la rue du bâtiment où se trouve la salle (ai-je précisé que l'Académie est dispersée aux 4 coins de la ville ?). Innocente, je me pointe à la salle 210, et alors que je suis déjà en retard, je trouve une salle vide (je dois préciser que dès le premier cours je me suis trompée d'horaire, voilà ce que ça coûte d'être trop sûre de soi et de ne pas vérifier 10 fois les papiers qu'on vous donne). Tiens mais pourquoi cet énorme G dans la cage d'escalier ?
Oh bah ça alors, ma salle c'est la E210 !
Bon, qu'à celà ne tienne je redescends les escaliers. Là, fourmillement de panneaux indicateurs, les H de 0 à 100 par ici, les G par là, encore des H par là-bas, et les E101 à230 par... l'escalier d'où je viens. Bon ok, admettons, je remonte. G, G, G et encore G. Je sors de la cage d'escalier. Que des G partout, des escaliers dans tous les sens, des panneaux dans tous les autres, des bureaux, des pots de fleurs, des machines à café, je fait tout le tour de l'étage, et oh ! un panneau E ! Je redescends l'escalier et j'arrive... dans le hall d'où je viens. Sous cette foutue pencarte E101à203 par là. Bon je vous épargnerai la description des tours d'ascenseurs, montées, redescentes, et ce, chque lundi et chaque mercredi depuis que je suis arrivée. Je ne sais pas par quel miracle je finissais par trouver la salle. Au bout d'un moment j'ai compris qu'il fallait que je traverse tout le bâtiment par un couloir administratif, mais à chaque fois, impossible de retouver ce couloir. Ici le bassin avec les nénuphares, ok. i je prends cet escalier, je sais que je vais tourner autour des sales G et me retrouver à mon point de départ. Si je prends cette porte, c'est un couloir à demi extérieur que je suis sure de n'avoir jamais dû traverser. Et cette autre porte... une autre entrée. #"@&*** !!! OU EST CE PUTAIN DE COULOIR !!! (insérer ici des têtes de mort) En fait, l'entrée par laquelle j'arrivais (il y en a des dizaines...) était au -1 (sans pour autant être un sous-sol, comment aurais-je pu me douter ?), et le fameux couloir, au 0. Je pouvais bien faire le tour tant que je voulais.
Bref vous pouvez imaginer l'état de tension dans lequel me met cet endroit dès que j'y pose un pied. Ces derniers temps je jurais à haute voix, et ça, c'est quand je restais civilisée, parce que sinon c'était vociférations guturales.
Bref comme si ce n'était pas suffisant, il y a quelque temps je me dis que puisque la rivière fait un coude, il doit y avoir un moyen plus direct d'y aller qu'en longeant les quais. Malheureuse ! Quelle idée à la con !
Donc sure de moi, et trop flemmarde pour sortir ma carte - non, en fait, la vraie raison c'est que ce paté de maison est SOUS LA LEGENDE de ma carte, donc vraiment maudit - je traverse le Bijloke, admirant au passage ses improbables architectures de briques rouges (les ferroneries ont été installées de travers EXPRES pour donner un air hallowinesque, on dirait un décor de film d'anim de Tim Burton), je traverse la grande artère, les rails du tram, laissant le Bijloke derrière moi, et je tombe sur un bâtiment estampillé Provincial machintruc (impossible d'être certaine que c'est bien le même intitulé), mais avec des microscopes plein les vitrines. huuuum... Enfin son entrée s'appelle A, à l'intérieur même carellage, même signalétique... je prends un passage sur le côté qui m'emmène vers un autre bâtiment B, puis C, je me rapproche, mais aucun ne ressemble tout à fait à mon bâtiment. Lequel, tentaculaire, pourrait bien avoir des ramifications, jusqu'ici... ou pas... Bref je tourne je tourne et au bout d'un quart d'heure de marche je tombe sur... mon bijloke en brique rouge.
Point de départ. Les bras m'en tombent.
Pour une fois que j'étais en avance, je recommence à être en retard.
Je rattrape la rive pour m'apercevoir que mon bâtiment était bien derrière ceux-là, mais à ma gauche. J'ai tourné juste dans sa périphérie. Ou peut-être que c'était franchement plus loin, va savoir. Ils ont eu la bonne idée de carreler touuuus leurs bâtiments de la même manière, poussant le vice à y coller les mêmes affiches publicitaires, si bien que où que tu sois, tu ne sais pas dans lequel tu es.
Bref cet après-midi je me mets en chasse d'un vélo à louer.
D'abord, je vais récupérer ma carte d'étudiant. Le type me refile un papier avec les horaires du bureau de l'immigration pour que j'aille m'y présenter, et faire tamponner mon passeport. Moi, j'ai tellement intégré la perméabilité des frontières européennes que je croyais venir à Gand comme dans une autre ville française. La seule raison pour laquelle j'ai apporté mon passeport, c'est pour le présenter aux membres de l'hospitality club (ça fait parti du réglement). Et encore, je viens de le faire refaire parce qu'on a faillit partir au canada avec les beaux-arts. Il y a 2 mois il était périmé. Je le regarde avec des yeux ronds et je lui dis candidement :"mais je suis française... ?" Franchement, je débarque la bouche en coeur, je en em suis même pas posé la question de la légalité de ma présence ici. Je serais restée 3 mois comme une touriste. Ah ouais, tu croyais en avoir fini avec la paperasse ?
Bref je lui demande où on loue les vélos (l'université a un service spécial). Il me donne un papier et me décrit comment arriver à un truc équivalent à l'Agora du campus. Bizarrement, c'est pas sur ma carte... Oui, vous l'avez senti venir, c'est exaaaactement mes bâtiments A, B et compagnie. Je vais au premier, on m'envoie au deuxième, ce que j'ai pris pour un nom de bâtiment est en fait un nom de rue, je suis au mauvais numéro, au mauvais endroit.. Bref j'arrive à ce fameux Svoreg et là on me dit : ah mais non, ce n'est pas ici, c'est là-bas ! et on me renvoit à l'autre bout de la ville, avec un autre prospectus. En plus, c'est fermé le vendredi.
Bref j'ai dépassé le stade de la crise de nerf - en fait c'est à ça que servait ce post - RE-LA-TI-VI-SER. Parce que bon, franchement c'est pas grave, se taper la ville à pied, qui est jolie en plus, et le vélo ça attendra lundi. J'ai encore insulté personne, je me contente des grognements guturaux dans la rue.
J'entends des gars dans les couloirs avec des trousseaux de clés. Dans deux minutes, je me fais virer, on pari ?
13 octobre 2006
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1 commentaire:
Ca va casser un peu le mode épique mais je me pose une question: T'es toute seule dans ce merdier? ton court de néerlandais, c'est pas un court particulier, tu pourrais peut-etre te joindre à un collègue ou à un groupe, ca fera une union de cerveau contre l'union des couloirs...
Ton histoire de ctrl C, il m'est arrivée exactement la meme quand j'ai tapé sur les très antiques mac internet de l'ESAD, l'histoire d'un méga plan looz, une soirée d'essayage pour les chanteurs de l'opérette qu'on a du faire passer par un chemin digne d'un parcours fort-boyard pour atterrir dans un tres bel appart désaffecté, a coté d'une répét de rock. Notre présence y était plus ou moins illégale,et les femmes de ménages qui pètaient un plomb parcequ'elles allaient être licenciées ont bloqué ma seule issue de sortie, obligée de passer par un endroit encore plus dangereux, me cacher derrière les poubelles...que d'aventures...
et hop C...
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