J'use mon temps et mes articulation sur les trottoirs de Gand. C'est un tout petit peu trop grand pour moi. J'ai découvert que c'est une ville de Dragons, et aussi qu'il y a des 23 partout. J'aurais dû m'en doûter.
Le qualification qui revient le plus ici pour la ville, cest : alternatif. La moitié des gens d'ici fabriquent des trucs qu'ils vendent à l'autre moitié, dont le reste des besoins est couvert par les différents marchés aux puces et second hand shops. Celà conduit à un curieux mélange de look 80's matiné de blouses de grand-mère, avec des intérieurs en formica. On trouve le plus grand nombre de restos végétariens par habitants pour la Belgique (certains vont même jusqu'à dire - pour l'Europe), et les cantines scolaires servent du bio.
La mairie achète la paix social avec de la musique et de l'art. Dimanche dernier je suis allé à un café dansant dans le grand centre culturel - le Vooruit. C'est concert gratuit et consos à un prix d'assoc étudiante. Cette semaine c'était aprem swing, avec un groupe rétro équipé d'une contrebasse et de 3 pin-ups coca-cola qui chantaient comme les petites souris de Babe des standards des années 50. Toutes les générations confondues dansant les unes avec les autres dans un décor art nouveau. De quoi garder un sourire scotché jusqu'au lendemain matin.
Régulièrement le Vooruit expose des parcours de performances et installations d'artistes locaux ou internationnaux, gratuitement. Faut dire aussi que les cinémas c'est comme à strasbourg, plus de salles d'art et d'essais que de multiplex.
Je suis un peu destabilisée par les gens du coin. Il s'avère que finalement, tous ceux qui me parlent spontannéement sont des hollandais exhilés à Gand. Je n'en tire aucune conclusion sur la hollande, c'est peut-être le complexe de l'étudiant étranger. L'autre jour j'ai pris un café avec des gens que je ne connais pas. Je me suis emmêlé dans une volubilité complètement artificielle, me saoulant moi-même, complètement paniquée par l'air blanc de mes interlocuteurs. Impossible de savoir si ils passent un bon moment ou s'ennuient à crever. La population est absoluement charmante mais imperméable. C'est peut-être une histoire de pays de pluie.
Hier on a regardé "Paradise Now" avec mes hôtes, ils en sont sortis plus secoués que moi, et au terme de la discussion post visionnage, la jeune fille est descendu pleurer dans le salon. J'aimerais bien être équipé d'un lecteur automatique de pensées, un modèle amélioré de poisson-babel. Bref je panique, tout est normal.
Je me suis coupé les cheveux, parce qu'ici on ne peut rien en faire, c'est une affection notoire et généralisée. Maintenant je me retrouve avec un genre de coupe ovine comme dans un feuilleton des années 80. Vous trouveriez ça affreux, mais mon 'hôtesse' m'a félicité (alternative gent). Maintenant je fais franchement couleur local. Enfin pire qu'avant. Remarquez que la population locale ne tolère pas toutes les extravagances. Mes collants rouges les font se retourner sur mon passage, et l'autre jour, avec des bas noir et blanc beattle-juice, une fille m'a prise en photo dans la rue. J'avoue que je ne saisis pas encore bien la logique qui fait que moi, on me remarque.
20 octobre 2006
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2 commentaires:
Ne t'en fais pas, dans une semaine, tu croiseras plein de petites filles qui porteront des collants rouges.
oui surtout que le temps se rafraîchit :-p
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