18 août 2006

CHAPTER 8 Seydisfjordur

(au passage, merci d'écrire des posts entre temps, j'adore écrire mais je me sens mal quand je suis la seule...)

Seydisfjordur, donc est un fjord.
J'ai poussé jusqu'ici en espérant que , peut-etre, les nuages auraient épargné ce bout de mer, mais non, c'est ici que je termine de tremper mes os. Un petit village réparti autour d'un bras de mer, un port et quelques maisonnettes, un office de tourisme fermé, deux hotels, une station service, un atelier de siderurgie, de hautes montagnes abruptes encerclant le tout et du gris partout.
Seydifjordur, c'est beau comme un morceau de fer rouillé.
On doit pouvoir y vivre une vie simple et dure. Non vraiment, ca a beau etre l'islande et j'ai beau m'imaginer l'endroit sous le soleil, je crois qu'un seul hiver ici me suffirait pour vouloir me tirer une balle.









Je me rend a l'auberge de jeunesse (pas question de camper dans l'eau) et j'y découvre le seul endroit chaud, éclairé mais aussi surpeuplé du village. Adorable endroit tout en bois. Deux gentils touristes francais m'offrent du vin, en échange de quoi je joue la guide touristique avec un bic sur leur carte d'islande.

Lendemain matin
Je découvre un alignement étrange: trois réverberes sont peints en orange fluo.
Ils relient visuellement un bateau de la meme couleur a une maison blanche nommée MENNINGARMIÐSTÖÐ
Ce mot signifie centre culturel.
J'y cours, j'y vole.
C'est ouvert mais tout éteint, il y a une salle d'expo fermée. Je humhum HELLO...?
Un gros homme descend le petit escalier
-Oh, I do know you!
il me regarde d'un air suspect et me répond
-Are you an artsit then?
-Uh, I was in the reykjavik artschool.
-I do teach there sometimes, in the design department. The exhibition only oppens during the afternoon.
Il sort.
Je sors.

Une petite lueur s'est allumée dans ma tete depuis la veille.
Je me souviens de Thora ou Thorun... une fille de la classe, un peu punk qui avait performativement vécu deux ou trois semaines dans un algeco devant l'école et qui venait d'un village de l'Est. Peut etre qu'elle a quelque chose a voir avec cet endroit, peut etre que non. Mais elle me trotte dans la tete, je m'attend a la voir au coin de la rue, encore ma facon de l'appeler.
Pas moyen d'attendre l'apres midi, je dois etre avant ce soir a la ferme de Vallanes.
Je me mets en route, une heure de stop infructeux sous la pluie. Pourtant ya plein de jeep vides qui passent en m'éclaboussant. Ca ne polluerait pas plus de m'avoir dans la voiture, que debout ici... Et puis quand une voiture ralenti, je crois toujours que c'est pour moi alors qu'a tous les coups elle tourne au supermarché.
Enfin, enfin, une jeep s'arrete, la fenetre s'ouvre. Un homme a contre jour avec les cheveux un peu hirsutes
-Hi marie-anne!
-TÚMI !!!!
he oui, mon prof référent de mon année d'art en islande, celui la-meme qui, malgré son air ahuri, avait résolu en un quart d'heure les problemes d'espace pour lesquels on s'engueulait depuis deux jours, lors de l'expo des erasmus. Décidément le sauveur des situations désespérées.
Tumi me conduit a Egilstadir puis jusqu'a la ferme de vallanes. Il me dit qu'il connait Eymundur, le fermier, car il fait des massages en ville et que accessoirement, il est le pere de Thorun qui tient la gallerie de Seydisfjordur. D'ailleurs elle vient d'avoir un bébé avec Helgi, qui est le seul éleve de l'école dont je n'ai jamais réussi a voler le moindre sourire ou le moindre bonjour.
Que de connections en si peu de temps.
Tant qu'on est a la peche aux infos, j'y vais franchement:
Tu crois que Eric serait d'accord pour que je squatte le labo photo de l'ecole en septembre?
-faut lui demander mais je vois aucune raison pour qu'il refuse...
-T'es au courant si Sigur ros doit jouer dans la région bientot?
-oui oui ils jouent mercredi a Seydisfjordur, Eymundur te conduira surement.
Finalement, je n'aurai pas perdu ma journée...

J'arrive a la ferme de Vallanes.

1 commentaire:

ludh a dit…

zut alors ça fait envie cette île-village (oui j'ai développé une addiction à ce mode de vie depuis que je suis à angoulême). je viens de finir un policier islandais qui se passe à reykjavik (le héros est fan des livres qui parlent de gens qui se perdent dnas les tempêtes des landes islandaises et qui meurent). En fait mon attention est irrémédiablement absorbée par tous les noms d'auteurs qui se finissent en '-dur' et '-son' ou '-dottir'. amuse-toi bien bergère des fjords