03 septembre 2007

MOTHER HEROIC Episode 8 Dean la fin



9h
Quand le vent retombe enfin nous constatons les dégâts. La barrière de la piscine est ruinée, la palissade au sol, le bungalow inondé.
Seul un petit morceau de la sous-pente du toit est arrachée et le bougainvillier est tout déplumé.
Chez les voisins par contre... l'un a tous ses grands arbres à terre, l'autre a failli s'envoler en essayant de retenir en vain sa véranda qui a atterri...sur notre toit, d'où le bruit de tôle nocturne. Le chemin est bloqué par un manguier centenaire et des coulées de boue. Tous les champs de bananiers sont parterre, ainsi que les fils électriques.

S'entame alors un jeu de Koh lanta version "enfants en bas âge" avec deux jours sans eau potable et deux semaines sans électricité, chauffer des bonbonnes d'eau de récup au soleil pour une précaire vaisselle, stériliser les biberons d'Amandine sur le gaz, en priant que la bouteille ne nous lache pas trop vite, et que la petite ne tombe pas malade.-on s'inquiète parceque la première semaine, elle grossi tellement peu- ne pas trop fatiguer la maman qui allaite, laver et tordre le linge à la main, maintenir un peu de nourriture au frais et à l'abri des mouches et des fourmis avec des pains de glaces et n'ouvrir le frigo que trois fois par jour.
Très vite, le téléphone sans fil -donc électrique- ne fonctionne plus.
Plus rien de frais n'est comestible sans une menace d'indigestion, le congélateur, maintenu fermé contre nature déverse des tisanes nauséabondes d'aliments morts, nous renoncons vite à la chaîne du froid.

Tout cela sous entend aussi tout une part de merveilleux. Horaires de vie solaires, théâtre d'ombres chinoises pour les petits, après-midi peinture, soirées grillades et ciel étoilé, rhum-coco sous la pleine lune...
et presque, presque...retrouver le sens du mot Foyer dont le coeur de feu est dispersé en quelques veilleuses, ou rassemblé en braise au dessous de la viande qui cuit, à défaut de la lumière diffuse, froide et omniprésente, du ronron du froid et de la facilité du chaud.









Ce qui me manque le plus, outre l'internet,(ce qui m'ampute de la partie impalpable de ma vie sociale) c'est le ventilateur la nuit.
Et aussi la dernière minute de lumière, celle qui permet de s'assurer qu'il n'y a pas de cafards sur l'oreiller, ni de moustiques ou de criquets sous la moustiquaire.
On a la surprise, souvent mauvaise, au réveil.

Le vent nous a amené beaucoup de moustiques, dont de tous petits nommés "yein yein" qui passent entre les trous, et avec eux, la menace d'une épidémie de "dingue".

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