16 août 2007
Après le rangement total de toutes les zones extérieures de la maison et une scéance de photos de famile pré-apocalyptique pour le faire part d'Amadine, je blogue quelques photos puis nous nous réunissons tous autour de la radio (locale)
17h RFI, "Reggae Night" pour nous détendre?
Flore est surexcitée, elle "fait le cyclone" comme les petits de chez nous "font la neige". Maël, égal à lui même et indifférent au monde extérieur, se fait une tente du séchoir posé en catastrophe sur le lit parental.
18h16 Le premier front d'onde arrive. Un grand "ça y est!" retentit. La lumière baisse tout à coup, elle devient douce, saumonnée, tandis que le vent et la pluie frappent les arbres et le toit.
Pour éviter que les petits ne paniquent, nous avons le reflexe de transformer cela en cris de joie "ca y est...enfin! ca commence! ouais!!!"Ils sautent en levant les bras.
Alors on s'active pour ne pas avoir l'air de commencer à attendre.
Tant que l'on a du courant, les petits sont scotchés à l'écran.
Les dessins animés, la lueur bleue du PC sont notre meilleur allié contre l'ennui des petits, celui qui les pousse à venir user notre energie, parcequ'ils ne savent pas quoi faire de la leur.
Maman scotche les prises electriques en hauteur, au cas où l'eau envahirait le sol, elle sur-élève le panier de boîtes de conserve (réserve de vivres en cas de route bloquée, le quartier est très isolé...) Elise déplace les meubles. Tout cela on aurait pu le faire depuis longtemps, mais on est incapable d'anticiper quand on ne sait pas à quoi on va être confronté.
On s'agite. Je nous vois déjà tous les 7, sans toit, se retenir aux murs de la salle de bain.
Pour le moment, ca n'est pas grand chose de plus qu'une grosse pluie tropicale.
On aimerait sans doute connaitre le luxe de paniquer un peu.
Tout à coup on entend "les fenêtres, vite, les persiennes!"
Dès qu'une brèche s'ouvre dans le sang froid, chacun s'y précipite pour éviter que le vent ne s'engouffre.
Voilà, les persiennes sont fermées.
ffffffffffffffffffff.....prrrffffffffffffffffffff....
"Nous vous souhaitons néanmoins une excellente soirée avec Radio Caraïbes International"
Lumière violette puis bleue.
On ne verra bientôt rien de plus que ce qui touchera nos fenêtres.
Une certaine envie d'y être déjà.
Internet fonctionne encore, ça parait hors de propos.
Les grenouilles chantent comme chaque soir.
Marc surveille les photos satellites, le gros nuage blanc nous a avalé.
La radio diffuse des témoignages, un poteau électrique est déjà tombé au Robert, deux arbres sur la route à Trinité.
Les moustiques sont venus se réfugier avec nous dans la maison et la chatte et ses chatons.
21h le vent est retombé.
Mais vraiment, vraiment, retombé.
"le calme avant la tempête", répète maman, qui semble ne pas paniquer, qui semble, comme moi, s'attendre à assister à tout cela de très loin.
Mais là, à 7 dans la maison, et sans brin d'air, on a du mal à s'imaginer la force des vents.
Nous avons rangé, stagné, puis mangé, rangé, stagné.
Il fait très chaud mais on ne peut rien ouvrir.
Tout le matos electronique rangé dans deux boîtes de lait "gallia premier âge", dans un sac plastique, le tout entreposé dans le seul endroit hermétique de la maison: la machine à laver.
Voiture ou maison, où mettres ses objets? ou dans la bungalow?
c'est un pari puisqu'on ne sait pas où ni comment Dean va frapper, par le vent ou par l'eau? Par le toit ou le sol?
Dans la maison il y a tout. Tout ce qu'on trouve dans une maison....On aurait eu le temps, on aurait encore le temps de tout entourer de bâches et de sachets plastiques mais il y a une question qui flotte, une lassitude en verbe, "à quoi bon?"
On attend peut-être, au fond, qu'un phénomène primaire nous débarrasse de toutes nos choses, qu'une grosse peur primale nous ramène à l'essentiel, s'il en est un.
Si petits.
Je nous regarde... un dernier saut sur internet, comme un enfant en veille, qui fait un bêtise, qui pourrait se prendre un claque monumentale, celle d'un ouragan de force 3, si le courant venait à faire exploser l'ordi sous mes doigts...
Rien à voir sur internet, vous dormez.
Le PC dans un sac poubelle comme le reste, en hauteur, vaguement.
Qu'emmeneriez vous si ca tournait mal? Un enfant chacun bien sûr. Mais les choses...?
Est ce que je serais la moins- ou la plus- attachée aux objets?
Il est temps de dormir, Dean approche, nous dormirons peu. Qui dort, dean.
02 septembre 2007
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3 commentaires:
!!Bon, si tu postes RIEN DE PLUS avant 20h cet soir heure strasbourg, je CRISSEEEE!!car je prend le train, puis a pied, et tout pour l'ALBANIE !!!! je veux partir en sachant un peu plus !!!!!!!
ouais moi aussi ! trop de suspens ! des révélations ! des révélations!
au fait, BON VOYAGE ZAZA!!!
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