08 juin 2008

frac, drac, crac..

Je viens donc de rentrer de Mulhouse 008 ou j'ai gagné un prix décerné par les 5 fracs du grand est pour partir 2 mois en résidence au centre d'art à Pougues-les-Eaux, en bourgogne de l'ouest.
En meme temps j'ai eu d'autre bonnes nouvelles, prix pour faire une vidéo sur l'europe, et puis la drac qui me donne aussi des sous en aide a l'aménagement d'un atelier. C'est cool. Et puis du coup j'ai deux fois des sous pour acheter du matériel. Mais je ne vais pas pouvoir l'utiliser pour manger ou payer mon loyer. Je cherche donc des gens qui ces jours (ou semaines qui arrivent) comptaient acheter du matériel (son, vidéo, ordi, logiciels,etc...) et s'ils étaient ok que ça transite par moi pour que je puisse acheter le matériel et on me rend en chèque. C'est fou ces artistes qui doivent gruger pour pouvoir manger...

Pendant la biennale mulhouse 008 y'avait des conférences sur les statuts d'artistes, sur les galeries, etc...
Y'avait Francis du syndicat potentiel qui y était et qui du coup a mis un bel article dans son blog... http://syndicatpotentiel.free.fr/yacs/articles/view.php/456
"J'ai été invité par la manifestation Mulhouse 008 qui réuni chaque année une sélection des diplômés des écoles d'art d'Europe (en fait juste les française, les suisses et les allemandes, les frontaliers ). Plusieurs tables rondes ont été programmé autour de problématique touchant aux possibilités existantes pour les artistes au sortir de l'école.
Je représentais le syndicat potentiel dans le forum qui s'intitulait ' Les lieux de diffusion, de création, d'acquisition'. Je devais y présenter ce qui caractérisait le syndicat potentiel en terme d'accompagnement d'artiste (Précaritas, OPA, Offre de Temps pour l'Art). Y ont également participé: une directrice d'un frac, une directrice d'un centre d'art, une jeune galeriste parisienne et une artiste sortie d'école d'art depuis 10 ans. J'ai essayé de défendre le fait qu'il y avait une autre façon d'envisager le rapport à la pratique artistique que le classique système d'acheteur, de propriétaire d'œuvre ou de produit disponible sur le marché et que le fait d'être présent sur le marché ne dépendait pas de la qualité du travail plastique, et que le marché excluait forcément.
J'ai vite été freiné dans mon développement et notamment quand l'artiste a pris la parole pour dire comment elle avait fonctionné et comment elle s'était battue pour ne pas être au RMI en travaillant à coté et comment elle avait su attendre son tour; Comment elle avait su sollicité le conservateur des musées de Strasbourg et que ce qui comptait c'était le travail, la travail et encore le travail. Confortée par les autres intervenants et comme si personne n'avait intérêt à questionner le système qui les nourrissaient on a eu ensuite droit au cliché habituel de l'artiste qui à la chance de faire ce qu'il aime et que c'est un privilège finalement que d'être artiste. Qu'il fallait persister et solliciter les bonnes personnes et qu'un jour ou l'autre si on le voulait vraiment ça ne pouvait que marcher.
En somme il fallait rester positif, attendre son tour et accepter d'être dans logique libérale de ne s'occuper que de son travail, travail, travail. Être un artiste qui n'a pas conscience: de ce qui se passe autour, de la réalité du monde et faire croire que le monde est beau car en plus on le décore de nos œuvres. Inutile de vous dire que je n'ai plus dis grand chose. Sauf que quand l'artiste a dit que les artistes n'étaient pas forcément tous des RMIstes je lui ai répondu que les RMIstes n'était pas forcément tous des Glandeurs. Dans le public il n'y avait aucune réaction, était-ce à cause de la délibération du jury qui devait suivre et qui devait décerner un prix de 15 000 euros au meilleur artiste d'entre......"


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