Cette nuit j'ai nagé entre des barques très colorées.
Elles étaient peintes avec des couleurs vives, et certaines avaient des visages, types masques africains.
A ma gauche il y avait même un gros bateau et j'étais surprise que finalement, ça ne soit pas dangereux de nager à côté d'un gros bateau, qu'on ne faisait pas aspirer ni découper par une hélice.
Puis j'arrive à terre.
Là, rue d'Austerlitz, il y a quelques fauteuils, assez vieux, en velours vert olive, je m'assois dans l'un d'eux. Ils sont là pour une démonstration. Sitôt je suis assise dessus qu'il démarre en trombe, c'est un fauteuil qui marche, sur ses quatre pattes. Je laisse à l'arrivée, un commentaire sur le livre d'or. J'écris "super" mais encore retournée par mon aventure en mer et par cette course, j'écris quelque chose d'illisible. Le propriétaire et inventeur des "fauteuils courant" arrive et essaye de lire mon mot, depuis le haut de la feuille. Je vois bien qu'on ne lit rien, ou plutôt plusieurs choses, et j'ai peur d'avoir écrit un palindrome qui serait désobligeant à l'envers.
Je suis dans le train. Dans une vallée flanquée de hautes falaises recouvertes de sapins.
François passe dans le couloir du train, il ne me voit pas. Il fait la gueule.
A un arrêt il y a l'inventeur des fauteuils. Il est roux, avec des boucles, et une blouse blanche de chimiste. J'en pince pour lui. Il m'appelle depuis dehors, il essaye de me voir, mais comme la fenêtre est bizarrement construite, il ne le peut pas.Moi par contre, je le vois bien. J'ouvre le tout petit peu de fenêtre autorisé, et il me crie de passer mes mains, que par le bout des doigts, il peut déjà savoir beaucoup de choses sur les gens.
Je me dis que c'est gagné, que s'il apprend à me connaitre par le bout des doigts, il va m'adorer parce que j'ai gardé les doigts tout potelés de mon enfance. Et parce que quelqu'un qui apprendrait à me connaitre avant de me voir m'aimerait surement plus.
Le train prend de la vitesse et je m'inquiète pour lui, mais il a l'air à l'aise, ses pieds ne touchent plus le sol, il tient par mes doigts. Puis je suis à l'intérieur du train à nouveau, assise, il y a là, la grande soeur d'une copine de lycée, elle était belle, elle s'appelait même Malika, mais dans ce train, cinq ans d'études, de nuits blanches et d'exam lui ont ruiné la peau, elle a de très grosses cernes violettes et l'équilibre des proportions de son visage est ruiné.
François repasse avec des valises et une guitare, il ne me voit toujours pas, il fait toujours la gueule.
Annelyse a écrit un poème multimédia, qui raconte qu'elle en a marre d'acheter à manger et à boire pour les fêtes, et de ne jamais en voir la couleur, parce qu'on avale tout avant elle. C'est un poème qu'elle a brodé avec une minutie industrielle, au sol, dans la moquette grise. Elle l'a ensuite caché sous des fils électriques qui relient une petite caméra cravate qui marche comme une loupe, et qui permet de voir l'écriture sous les fils, en offrant des angles de vue qu'on a pas, à moins de se mettre vraiment couché, le visage au raz du sol.
Edgar regarde l'oeuvre avec attention. Il n'arrive à déchiffrer que que les mots "pas de thunes".
Ludh et moi, enfin à Tokyo.
On s'organise pour dormir, ma mère ira à l'hôtel, et Ludh et moi sommes hébergées chez une amie à elle. Ca me parait bien, mais quand je dis à ma mère "on sort ici" et qu'elle reste seule sur le quai, je vois son regard inquiet et étonné qui me regarde filer plus loin, je regrette. Je le dis à Ludh qui dit que c'est l'heure à présent que nous profitions de la ville entre jeunes, qu'elle n'aurait pas pu venir là où nous allons et puis qu'elle, personnellement, avait encore beaucoup de travail à faire sur photoshop.Je ne peux pas m'empêcher de la^cher un "quoi?" d'indignation.
Appartement de ma grand-mère.
Nous jouons à nous montrer nos crânes. On a du mal à se reconnaitre juste avec le crâne. Je prends le mien dans ma main. Tient, la voilà cette fichue imperfection, la petite bosse sur la droite du nez, je pourrais la gratter maintenant, mais alors je serais toute gonflée au moment de remettre mon crâne.
Il tombe en poussière, mon crâne brun, dans ma main, il ne reste qu'une fine couche qui fait office d'os. Je l'enfile vite, mais trop tard, sans mon crâne ma tête a eu le temps de grandir libre et mon crâne ne me va plus. La mâchoire du bas se sépare du reste, l'os entre dans la peau de mes joues. Tout se craquèle.
J'appelle Annelyse au secours. Alors nous montons, au dernier étage (celui de l'annexe des arts déco) et nous préparons la défense. Une personne armée d'un bâton au dessus de chaque escalier. On est prêts.
05 juillet 2007
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1 commentaire:
C'est drôle, mon rêve se termine exactement là où a été prise la photo publiée juste en dessous.
J'ai vraiment pas fait exprès.
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