01 décembre 2006

histoire gantoise

Ca commence par sentir le gaz.
L'ex de marie a récupé son radiateur - ici les radiateurs sont des monstres grinçants et craquants qui crachent des flammes, la version carapaçonnée de la gazinière. A la place, le vieux radiateur descendu du grenier. Dès le premier jour une si forte odeur de gaz que je crois suffoquer - purement psychosomatique of course, matraquage médiatique sur l'intoxication à l'oxyde de carbone oblige. Bon je résiste, les uns prétendant que c'est dans ma tête (en général ceux du téléphone, qui ne peuvent pas sentir), les autres invoquant la poussière et le temps de rodage du radiateur (en général ceux qui savent que le sale boulot va leur tomber dessus si jamais c'est vraiment un problème de gaz). Marie rentre et fidèle à elle-même, la première chose qu'elle fait c'est appeler le centre de veille sanitaire pour qu'on lui envoie quelqu'un pour mesurer les émissions de gaz dans la maison.

Le type se pointe avec son compteur gégère façon chimiste, et très vite tourne au marmonage genre "ouuuh c'est pas bon ça, huhum pas bon bon, ouuuh ça monte vite, etc". Avec pour résultat le coupage immédiat et définitif (sous conditions) de tout le gaz de la maison. C'est à dire : plus de chauffage, plus d'eau chaude, plus de plaques de cuisson. Bon il nous reste la bouilloire et le micro onde, soit soupes chaudes, salades, bouillottes et coussins de noyaux de cerises. Marie extrait un monstrueux édredon du grenier et nous voilà rigolant de notre mauvaise fortune - parce qu'entre autre qualités la demoiselle rayonne de positivisme.

C'était sans compter mon moaning téléphone, au bout duquel le plaintif refuse de dormir dans une glacière.
Soit. Excédée mais courageuse je me lance dans le froid polaire qui s'est abbatu sur ma belle ville depuis 2 jours, à la recherche d'un bed and breakfast libre, bon marché et pas trop loin. Evidemment le vendredi pour le samedi c'est quasi mission impossible, enfin à pied.
Au 3ème (ou 4ème) essaie (bredouille), m'ouvre une charmante jeune femme à peine plus vieille que moi qui m'explique : "aaah mais ça fait 2 ans qu'il n'y a plus de b&b ici !" (j'étais arrivée là sur les explications de marie dont les parents habitent le coin de la rue). elle continue "Vous voulez que je vous donne une adresse ?" Elle appelle son mari - un type lumineux et lunaire, le genre petit prince à la peau transparente, au regard douloureusement bleu, et quand il apparaît tout mon self contrôle se met en branle de très profond pour que je garde l'air dégagé - elle me fait rentrer dans leur maison délicieusement chauffée, et en 2-3 échanges de néerlandais ils décident carrément de brancher internet,
- comme je ne manque jamais de faire de la pub pour ma ville préférée du monde voici le site des b&b de Gand, pratique et bien conçu (ya une grille des chambres disponibles sur le mois, toutes les adresses, les tarifs et les numéros de téléphone) :

http://www.bedandbreakfast-gent.be/en/home.php

et voilà-t-y pas que mes 2 gantois se mettent à appeler un à un tous les b&b dans mon ordre de prix et libre ce week-end pour me dépanner - le tout en me faisant les traductions en français qu'ils parlent évidemment parfaitement. Au total ils ont consacrés bien une demi heure de leur vie à passer des coups de fil pour une parfaite inconnue et totalement à l'improviste, comme ça. La soirée qui était partie sur le mode jeu de piste dans le blizzard se finit en un clin d'oeil et au chaud, à 2 minute de chez moi avec une croix sur ma carte et le papier avec l'adresse sous le bras.

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