11 mai 2006

en mars dernier, concert de Pentagruel

Je rentre sans payer parceque je suis leur amie, à ceux qui jouent ce soir. Me faire payer ca reviendrait à faire payer les musiciens eux-memes, y en a quand meme qui font la gueulle à l'entrée.
je suis chez moi ici, j'apercois deja les miens, ceux que j'aime et devant qui je n'ai pas besoin de porter de masque. ou alors un vieux, tellement vieux et cofortable que j'ai fini par croire qu'il était mon visage.
Tout va bien, donc pas de sociabiliation à faire ce soir.

Pourtant dès le début je sens quelquechose de glacial, de figé dans l'air.
Ce sont des mélodies plus noires qu'une baraque en ruine, plus immélodieuse que si il n'y avait pas de notes, du bon death metal. Le genre de choses que je diffuserais à un cheval si je devais le tuer sans le toucher.

Il troue l'espace, il creuse un froid entre les gens. C'est la musique qui aide à cracher ou déverser sa haine avant que tout soit pourri à l'intérieur, à moins que ce ne soit le contraire. Le Metal, c'est entre le défoulement et le refoulement, c'est pour ca que je ne le partage casi jamais. Mais ici, on est tous élevés à ça, nourris de ça, et comme on est là pour le partager, c'est une entente cathartique, une indulgence scatologique, une hierarchie instinctive qui s'instaure; les faibles au fond, les femmes derrière, les ados devant, et on va se taper dessus en rigolant un peu. En tout cas on aura l'air plus vrais et plus méchants que nature.
Ils ont tous sorti leurs t shirt d'horreurs qui soustrait leurs torses à l'espace du bar pour en faire de noires sufaces de projection de cauchemars, à qui osera s'afficher avec le plus malsain. D'habitude c'est Marc qui gagne avec Ravenel N°5 (mais peu peuvent saisir toute la teneur ironique de ces mots), moi je me défend avec le petit "ne pas gerber" sur la bas-ventre. Pour les autres, c'est du figuratif.

Et ca crache,
sur les vieux, sur la politique, sur les humains en général. Moi je suis là pour vomir sur le vulnérabilisme féminin.

Je me prends un ennième ado en attérissage de slam sur l'épaule et dérappe à l'aveugle jusqu'à une table de femelles.
L'une d'entre elles me demande si ca va. Oui..oui... on est pas la pour les jouer les infirmières...
Puis elle me dit "t'es toujours là!"
Elle aussi, elle était là depuis de nombreuses années, la copine de Christophe, guitariste du tout premier groupe.
Elle voit que je commence à la recaler, elle ajoute:
"-T'es toujours là. Je t'ai toujours vue t'en prendre plein la gueulle , et t'es toujours là!"
"-oui, t'as tout compris."

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Et nous on est plus là hihi!!! Sinon je t'aurais défendu, on lui aurait pété la gueule à ce petit con!!

yog a dit…

bof, faut pas abimer les ados, ils s'en chargent déjà très bien tous seuls.