30 avril 2006

New York, puisque j'y suis allée

Mon père est allé équiper pour la première fois, un studio d'enregistrement outre atlantique. Et j'ai eu la chance de pouvoir me glisser dans ses bagages. Je lui ai un peu servi d'interprète, et aussi de bras droit pour porter quelques trucs, et pour ajouter une touche design aux quelques rectifiations qu'il a faites pour améliorer l'acoustique dans le studio. (nldr le choix du beau tissu rouge et le design de la table.)



Quand on a eu fini, on visité un peu la ville. Moi je dormais assez peu et papa n'avais jamais faim, il a bénéficié d'un recouvrement exceptionellement rapide de son orteil sur lequel il avait laché une lourde agraffeuse murale et il n'avait plus besoin de ses lunettes pour lire.
Cette ville a quelquechose de plus que les autres, je pense qu'elle est bâtie sur un vaisseau des tomynokers. C'est tout simplement le lieu et le plus monstrueux et magique à la fois qu'il m'aie été donné de voir.


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J'aurais jamais jamais pu croire aimer autant Manhattan. J'y allais, a l'affût du moindre défaut pour le critiquer, armée de mon anti-américanisme de base et finalement je suis émue a tous les coins de rue. On a une image de newyork faussée par les posters immondes des 80's gratte-ciels flambant neufs...Ici les immeubles du début du siecle croulent sous des tonnes de poussière, les fenêtres dans les apparts ont une tronche...industrielle. Tout ressemble un peu à une usine en ruine doublée d'un certain charme colonial. Un seul de ces vieux machins qui survivent sous la protection des gratteciels megalo, un seul d'entre eux a plus de charme, dans sa décrépitude, que tous ceux de la petite france réunis. Ca me rappelle sans cesse ce passage de "Marie Stuart" ou la reine Elisabeth pleure en recevant la lettre de sa cousine Marie et dit "mon dieu comme elle est tombée bas cette reine, hélas, sa destinée passe si près de ma propre tête"
Ici il y a des mendiants improbables, du genre qui ne seraient même pas crédibles dans un film, avec un moitié de peignoire et une couverture ficelés sur le corps, pieds nus, qui poussent un éternel caddie, ce sont les monstres, les ombres des bons consommateurs; Les plus pauvres des américains poussent des caddies remplis de conneries. Et personne, personne ne les voit. Je me demande juste, vraiment, pourquoi ils restent là? Cette ville est organique, sa taille est inhumaine, il y a des tonnes incalculables de buildings et je doute que tout le monde connaisse leur histoire, pourtant ya bien des gens qui les ont bâtis un jour, et ya bien eu des gens pour y vivre en premier... Mais c'est trop grand, la mémoire se perd et c'est comme si la ville était une entité indépendante, comme si elle avait toujours été là et qu'elle se générait toute seule. Rien à voir avec Séoul la propre, la ville nouvelle en imitation marbre avec ses lemmings adeptes de travail, zen stressés, ici la mégalomanie elle est déja passée et les citadins qui ont tous l'air plus étrangers que moi, se faufilent dedans, pressés et écervelés, adeptes de la fortune et de la mode et du rêve americain.