13 avril 2005

Poison d'avril. (ou yog vieilli et parle du temps qu'il fait dehors .... :þ )

Hier matin Salome s'est écriée avec une joie et une sincère candeur toujours renouvelée, "oh! la neige!"
Le jardin était tout blanc.
La pour la première fois je me suis dis "oh non..."
Loin de me plaindre, je comprends quand meme mieux pourquoi tous les islandais font un peu la gueulle quand l'hiver arrive, c parceque ca ne fait pas très longtemps qu'il est parti.
Tous m'avaient prévenu que le mois de janvier était le pire moment à passer.
Etant le mois de la nouvelle année et de mon anniversaire,(et de plein de bloggueux capricornes ;) ca ne pouvais pas être vrai.
Et pourtant, janvier est bien une sorte de fond d'un gouffre sans fond. On sait que la lumière doir revenir, on le sait mais on ne le sens pas. Une lourdeur et un fatalisme s'abat sur chacun et dispense un poison froid et amer dans les esprits, dans la vision qu'on a de tout. Meme les esprits forts ne peuvent pas lutter. Je crois qu'il faut juste éviter de marcher contre le sens du vent, on ne brasse pas des vents des vents de 40m/seconde, c'est eux qui vous brassent. Il vaut mieux ralentir la cadence, laisser tomber les feuilles et plier en attendant la fin de la tempête. Smiling can be so consuming...
Mais mars est un peu l'oeil du cyclone.
Et avril rebalaye tout.
Soffia et Julius m'ont dit "tous les ans c'est pareil, pourtant chaque année on est surpris."
Après un froid si rude et un renfermement général, le printemps et la lumière déchainent complétement les passions et l'enthousiasme, et ceux qui sortent trop vite de leur cocon hibernal gèlent en plaine élan, comme les magnolias.
Cette année à Saint-Dié, mon oncle a mis un chauffage sous l'arbre, pour les nuits à degrés négatifs. C'est la première fois qu'on n'aura pas un gros magnolia brun.

Ici des jonquilles se sont fait avoir, ainsi que beaucoup d'arbres bourgeonnants. Sans rire, j'avais oublié que les arbres doivent avoir des feuilles.

J'en suis donc à mon sixième mois d'hiver.

Le lac a encore et encore regelé.
Mais le soleil m'a appelé toute la journée dehors alors que le froid m'y mordait les mains sous la laine.
Et là, il est dix heure et demi et le ciel est bleu encore vif à l'ouest.
Depuis ma fenètre, je vois des lueurs vertes et roses.
Allé, un manteau, deux paires de chaussettes, l'écharpe et les gants, je sors les voir. Ce seront peut-etre mes dernières, demain ca sera peut-être le printemps.

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